Les tisserands
En 1836 plus de la moitié de la population active de leers travaillait dans le secteur textile. La principale activité était le « tissage ».
Le recensement du 30 juin 1836 dénombrait 543 tisserands sur les 1156 Leersois qui travaillaient à cette époque. On constate donc toute l'importance de cette activité.
Composition de la population des Tisserands
En 1836, 543 tisserands étaient recensés : 353 hommes et 190 femmes. Dans plus d'un foyer sur deux, 259 foyers sur les 458 que comptait Leers à cette époque, il y avait au moins un tisserand. Des familles entières (parents et enfants, voire les grands-parents) exerçaient cette profession.
Nous trouvions des tisserands dans chaque quartier de Leers. Toutefois, les plus nombreux se situaient à la Papinerie (44 foyers pour 117 personnes) et au Nouveau Jeu (44 foyers également mais concernant 92 âmes).
Leur lieu de travail
A cette époque il n'y avait pas de tissage (de fabrique) sur Leers.
Les gens travaillaient chez eux, dans les
"ouvroirs domestiques"
Ouvroir
- Pièce où travail le tisserand
- Atelier
.
La maison du tisserand était souvent construite en rangée, perpendiculairement à la voie principale. Il y avait le petit jardin sur le devant. Un puit commun desservait toute la rangée.
La maison par elle-même était composée d'une pièce d'habitation. A côté se trouvait la pièce dite "ouvroir" où était installé l'
otil.
Otil
Métier à tisser
Toute la maisonnée prenait soin de l'otil, c'était son gagne-pain.
Il existe encore de ces maisons que nous appelions, il n'y a pas si longtemps : maison à otil.
Nous pouvons encore en voir aujourd'hui.
L'organisation de leur activité
Le tisserand se rend avec son
livret
Livret
Carnet du tisserand qui sert de contrat de travail
de travail chez un
fabricant
Fabricant
Personne faisant travailler à domicile ou dans son entreprise
à Roubaix, aussi appelé
"maître".
Maître
Ce mot est utilisé sous l'ancien régime pour désigner la personne pour qui on travaillait
A l'aide d'une brouette ou d'une charrette (sur les routes de l'époque...) il va prendre livraison d'une chaîne ou un
«anseroeul»
Anseroeul
Cylindre du métier à tisser sur lequel est monté le fil de chaîne
, c'est-à-dire le cylindre du métier à tisser sur lequel sont montés, par le fabricant, les fils de chaîne, d'une valeur de 2 pièces d'étoffe à fabriquer.
En même temps on lui remet les fils de trame pour la valeur de la 1ère pièce. Le maître lui donne un
«passavent»
Passavent
Permis de circulation de marchandises en matière douanière
, document signalant le poids total de la matière à travailler.
Le tisserand quant à lui, remet son livret au maître. Rappelons, qu'à l'époque, peu de personnes savaient lire et écrire.
Après avoir fixé le prix du travail, le délai de fabrication, notre ouvrier tisserand s'en retournait chez lui.