Les estaminets
Si les Lyonnais ont leurs "Bouchons", les Parisiens leurs "Bistrots", les Bretons leurs "Cafés de la marine", les gens du Nord ont leurs "Estaminets".
L'origine du mot "estaminet" est, aujourd'hui encore, incertaine et controversée cependant en 1972, l'Académie Française définit l'Estaminet en une formule lapidaire : Assemblée de buveurs et de fumeurs, ayant établi le constat, a posteriori, que cette appellation qu'on ne trouve guère qu'à partir du milieu du 18cmc siècle désigne aussi le lieu où elle se tient. Et de préciser que "cet usage qui vient des Pays-Bas s'est propagé à Paris où l'on dit tabagie pour distinguer ces sortes d'assemblées".
L'estaminet était donc le nom fréquemment utilisé pour désigner un débit de boissons, et ce, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
Bien souvent l'estaminet se confondait aux humbles maisons d'habitation. Il fallait pousser la porte pour découvrir qu'une salle de café s'y cachait. Parfois il était signalé à la population par une enseigne au nom du propriétaire, du lieu où il se situait, de l'association dont le siège s'y trouvait.
Dans la pièce, souvent petite, se dressait le comptoir derrière lequel s'élevait le verrier. Quelques tables étaient placées dans la salle où dominait le poêle. Quelques tabourets se trouvaient au-devant du comptoir. Sur le sol, on voyait assez souvent de gros cendriers en fonte qui servaient également de crachoirs.
Dans certains estaminets on pouvait jouer aux jeux traditionnels de l'époque : grenouille, boule à pente, trou-madame, fléchettes, tir au berceau, Javelot, etc.. Certains organisaient des combats de coqs. D'autres possédaient des bourloires qu'elles soient extérieures, intérieures ou de salon.
L'estaminet était donc le lieu de sociabilité par excellence des ouvriers où ils se divertissaient le soir après le labeur ou lors de périodes de loisirs. Les hommes s'y sentaient bien. C'était le prolongement de l'espace familial.
Les tenanciers des estaminets exerçaient souvent un autre métier, une autre profession (marchand de charbon, maréchal-ferrant, bourrelier, forgeron, maçon....). Il était également fréquent que l'estaminet abritât un 2ème commerce, notamment une épicerie. On y trouvait aussi des coiffeurs ou des tailleurs qui travaillaient dans la salle de consommation. L'homme exerçait son métier et sa femme se trouvait derrière le comptoir.D'autre part, bon nombre d'associations choisissaient comme siège un estaminet.
A la fin du 19ème et au début du 20eme siècle, dans toutes les communes on comptait un nombre relativement important d'estaminets. Quel quartier, quel lieu-dit, quelle rue n'avaient pas son ou ses estaminets ? A cette époque, en Belgique, on estimait qu'il y avait un estaminet pour 36 habitants. Après la 2ème Guerre Mondiale beaucoup d'estaminets ont disparu
Nous avons retrouvé 112 estaminets, répartis dans 9 quartiers comme le montre le tableau ci-contre.
L'estaminet le plus ancien à été identifié en 1824 appelées alors la maison commune, mais il est plus connu sous le nom de café Meurisse. Cet estaminet est situé dans la rue du cimetière, aujourd'hui rue Jean Jaurès. Depuis 1925 la destination de cet établissement à changé puisqu'il est devenu une boucherie jusqu'en 2008, appelé boucherie Dekimpe du nom de ces derniers propriétaires.
Situation des estaminets
Pour voir la situation des estaminets, cliquez sur l'image ci-contre
Pour en savoir plus
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Les estaminets