Les Censes à Leers
En 2006, nos recherches nous ont permis de recenser 27 fermes dont certaines étaient très anciennes.
Ces fermes et certains des exploitants ont marqué la vie de notre commune.
Aujourd'hui 8 ont été détruite. D'autres ont été transformées en maisons d'habitation. Quelques-unes sont encore en activités.
Ces fermes ont été repérées sur un plan cadastral de 1890 et en cliquant sur les numéros en bas de ce plan vous pouvez voir la photographie de la ferme et sa désignation.
- 1
Ferme Lampe - 2
Ferme Deryck - 3
Ferme Dereux - 4
Ferme Baesen - 5
"Ferme du Bailli" - 6
Le Château de Bretagne - 9
Ferme Delcroix - 10
Ferme Pollet - 11
Ferme Wattrelos - 12
Ferme Demil - 13
Ferme Duthoit - 14
Le Coulombier - 15
Ferme d'Halluin-Droulez - 16
Ferme Deswattines - 17
Ferme Wostyn - 18
Ferme Droulez - 19
Ferme Decottegnie - 20
Ferme Delebecque - 21
Ferme Picavet - 22
Ferme Beyaert - 23
Ferme Courrier-Le Pret - 24
Ferme de l'Horne - 25
Ferme Derache - 26
Ferme Quevaucamp
La Cense de Quevaucamp
Le nom est très ancien et l'on trouve trace dès 1218 d'un Walter de Chevalcamp.
En1238, Pierre de Kévaucamp, homme de fief est appelé comme témoin lors d'une donation par Jean de Leers à l'église de Leers.
En 1302, Alodin de Kévaucamp est responsable, à la tête d'une petite troupe, de la garde du château de la Royère dont les ruines subsistent toujours.
La ferme, est toujours présente mais a été souvent remaniée au cours des siècles et elle est transformée actuellement en habitation particulière.
Outre la famille Kevaucamp, les propriétaires successifs furent :
- Lefebvre
- De Marchenelles
- Pally
- De Griboval
- De Nassan
- Wacenier-Franquet
- Bruneau-Odemaer
- Thery de Gricourt
- Virnot-Lenglart
Les fermiers sont connus depuis 1559 notamment la famille Salembier.
Urbain Virnot fils des propriétaires a repris la ferme en 1893 pour l'exploiter lui-même.
Certains document photos ont été remis par Francis Virnot descendant
Cense de la "Haverie" ou ferme "Pollet"
La Cense de la Haverie est la plus grande et la plus ancienne des censes préservées sur la commune de Leers.
Son origine est attestée depuis le 13ème siècle ,elle appartenait alors à la seigneurie de Fontenoy pour passer après 1424 à la seigneurie de Roubaix (elle comprenait alors un manoir et 12 bonniers).
Après celle de Roubaix se succédèrent les seigneuries de Croix, Fretin allant jusqu'à exploiter les terres de trois fiefs.
Parmi les plus anciens censiers citons:
- Dame Pétronille Lezaize (1592)
- Jean-françois Agache (1718)
- Louis Lezy (1758)
- Ernestine Delcourt (1837)
- Napoléon Favier Duthoit (1874)
- Depuis 1894, la ferme est exploitée par la famille Pollet.
La ferme "Derycke"
La présence de cette ferme au centre du village est attestée depuis 1826, son origine remonte vraisemblablement au 17 siècle.
Il faut remarquer sa composition de bâtiments initialement en cour ouverte donnant directement sur les pâturages avec une mare située dans la cour.
La présence d'un pigeonnier au-dessus de l'entrée principale permet d'attester sa construction après 1790.
Cense dit du "Bailli" ou ferme "Dalle"
Bâtie sur l'ancienne maison du Bailli dont il est fait mention sur un plan de 1703.
Elle fut agrandie ou remplacée par une ferme occupée au XIX ème siècle par la ferme Henri Derache.
La maison de ce Bailli était située en droite ligne vers l'église et la maison échevinale située sur la place.
Cense de l'Horne ou ferme "Marescaux"
Cette cense est également très ancienne et se situe comme la cense de la « Haverie » aux confins de la commune.
Les chemins menant à cette ferme étaient bordés d'arbres et plus particulièrement d'ormes, d'où son nom un peu déformé de ferme de l'Horne.
Au XVIIIème siècle elle était possédée depuis longue date par les comtes de Brigode, en octobre 1870, Monsieur Julien Lagache, industriel de Roubaix acheta la Ferme.
Les censiers de cette propriété furent les Duchatelet, Decalonne, Hespel, Constant Duquesnoy et Briet.
Une composition très fermée marquait une position défensive comme toute cense éloignée du village.
Les fermes autour de Leers
La ferme de la Motterie
La cense de la Motterie se situe à l'est de la commune de Leers-Nord.
Au XIIIe siècle elle appartenait à la famille Moictuerie. Par la suite elle devint propriété de la famille des Cordes très connue dans l'histoire des Flandres.
Au XVIIIe, elle est occupée par Antoine Dubus alors favorable à la « scission ». Son fils deviendra le premier bourgmestre de Leers-Nord lors de la séparation des deux communes.
Outre son intérêt architectural, la Motterie et sa proximité avec le chemin de Belva fut au cœur du découpage frontalier qui secoua la commune de Leers entre 1769 et 1819.
Entourée de peupliers, d'eau, de bâtiments ne présentant qu'une entrée surplombée d'un pigeonnier portant la date de sa construction 1650, la ferme de la Motterie constitue un ensemble particulièrement bien conservé et un bel exemple local de ferme à cour carrée.
La ferme de la Becque
Au XVIe siècle, le fief de la Becque appartenait à Nicolas Bourgeois et à sa femme Barbe de Bachy.
En 1636 le château de la Becque était très fortifié.
La maison de plaisance ou habitation du seigneur consistait en trois corps de logis, à savoir :
- Une grande maison, avec salles, cuisines, bouteillerie, chambres, garde-robes, toute couverte d'ardoises.
- Un immense carré avec chambres, greniers, tourelles, jardin de terre entouré d'eau, auquel on avait accès par un pont de bois.
- Une basse-cour avec grange, étables de chevaux et de vaches et un jardin bien planté, entouré d'eau. Un pré de terre s'étendait le long de la drève qui s'alignait en face de la porte d'entrée.
Plus loin était la ferme ou maison manable, édifiée en briques, avec chambres, cuisines, deux granges, des étables pour chevaux, vaches et brebis, un colombier et autres édifices, jardin, etc.
En 1803, on démolit le château, et ses ruines servirent à construire la base de l'église de Leers-Nord.
Aujourd'hui la ferme demeure un bel exemple d'architecture locale dite « rouge-barre » alternant briques et pierres blanches.
Le château de le Royère
De la motte féodale au château fort
C'est probablement vers 1100 une motte féodale avec tour en bois, passerelle escamotable.. que Havide de Néchin amène en dot à Lambert de Wattrelos.
Les Tournaisiens se donnent à Philippe II Auguste. Le Tournaisis appartiendra au domaine royal français durant plus de 300 ans (1187-1521).
La Royère est située en châtellenie de Lille, comté de Flandre, sur Leers et Néchin, à l'orée du bois de Wattines, à la limite du Tournaisis : c'est le château de la Limite.
En 1227, c'est probablement une motte féodale avec tour en pierre qu'acheté Arnoul IV.
Plus riche que le vendeur Hugues de Roubaix il fait peut-être bâtir l'enceinte en pierre de Tournai
Quelques propriétaires et leur temps
A partir de 1500, par mariage, les seigneurs de Roubaix seront aussi seigneurs de la Royère : les de Werchin, les de Melun.
Pierre de Melun, gouverneur de Tournai, seigneur de Roubaix et de la Royère, partisan des protestants, est considéré comme mort civilement par Philippe II, roi catholique. Ses biens partent, par Anne de Melun, dans famille de Ligne.
Partisan de l'Edit de Nantes (Henri IV, 1598), Louis XIV fait restituer la Royère aux de Melun. Disputes de famille : les biens repartent aux de Ligne, retournent aux de Melun .
Un Crombez de Tournai achète la Royère, 35 hectares (plan Popp vers 1850). Mlle Crombez de Remond de Montmort épouse le Comte Ferdinand Costa de Saint-Gérix de Beauregard...
Tout est ensuite revendu à des fermiers.
Mais après l'enfer des dégradations, c'est le paradis.
Les propriétaires actuels du château, Pierre et Annie Moulin-Duthoit et leurs enfants s'occupent de le restaurer, surtout Olivier Moulin, qui a présenté une thèse sur ce patrimoine en fin d'études d'architecture.
Les fermes