Historique et vicissitudes de l'église Saint Vaast
Un document fait mention que l'abbaye d'Hasnon possédait la seigneurie de Leers et le droit d'autel qui lui avait été donné par Baudri, évêque de Tournai, en l'an 1106.
Le 19 avril 1147, le pape Eugène III confirme les possessions de l'abbaye d'Hasnon.
Ce document évoque des constructions en 1288, l'origine probable de l'église est donc du XIIIème siècle.
L'église primitive se compose de la tour, de la grande nef et de la chapelle de la Sainte Vierge, le portail en anse de panier (marque caractéristique du XIIIème siècle) et la porte côté tabernacle.
La marque des bâtisseurs est encore visible sur la tour et les murs extérieurs.
Il s'agit de la croix de St André en briques émaillées noir de grandeur différente et de la marque du tailleur de pierre à l'entrée rue Gambetta (marque du tâcheron).
L'église est incendiée par les Gueux le 17 août 1566. Restaurée, elle est à nouveau brûlée en 1658 par les soldats pillards des troupes françaises et anglaises. La nef latérale gauche porte la date de 1688, année où les réparations sont achevées.
En 1748, la tour est frappée par la foudre et le clocher est détruit.
A la Révolution, l'église est transformée en grange, et la tour sert de forge.
L'édifice est vendu comme bien national en 1798, pour 3 000 francs, au Lillois J. Jouvenaux. Ce dernier la revend pour 900 francs à François Quique, qui la sauve de la démolition.
En 1834, la tour est lézardée et il question de la démolir mais les murs de la tour seront reliés par un corset de fer d'où le nom de «clocher relié».
En 1960, suite a un rapport de 1958 faisant état de gros problèmes du bâtiment de l'église, il est présenté au conseil municipal un plan d'une nouvelle église avec un clocher en béton. Mais le conseiller Mr Anicet Decocq s'y oppose et après maintes discussions une autre restauration est effectuée.
Historique de l'église Saint Vaast
Saint-Vaast, évêque d'Arras, a vécu au temps des Mérovingiens. Il était catéchiste de Clovis. Sa fête est célébrée le 6 février.
1106 Cartulaire de l'abbaye d'Hasnon autorisant le "droit d'autel à Leers". Installation d'un édifice religieux à Leers, sans doute modeste.
19 avril 1147 Le pape Eugène III reconnaît à l'abbaye d'Hasnon des droits sur les terres de l'église de Leers, près de la Royère.
XIIIéme siècle Eglise primitive.
XVème siècle Église hallekerk (construite entre la fin du XIV et le XVIe siècles) qui se compose de la tour actuelle, de trois nefs dont une centrale, plus grande, menant à l'abside (chœur) et tournée vers l'Orient (lieu de vie du Christ). Le portail et la porte côté tabernacle possèdent "un anse de panier" en pierre de Tournai.
La marque des bâtisseurs est encore visible sur la tour et les murs extérieurs. Il s'agit de la croix de Saint-André en briques émaillées noires (de grandeur différente compte tenu du nombre d'or). La marque du tailleur de pierre (tâcheron) est visible à l'entrée, rue Gambetta.
15 août 1566 Les gueux brûlent l'église et sa tour, le presbytère et la maison du bailli. Les gueux représentaient les partisans de la religion protestante.
1624 Restauration de la tour et de la nef centrale. Suite à cette restauration, le chœur de l'église n'a plus la même hauteur que les nefs.
1658 L'église est à nouveau incendiée par les soldats pillards des troupes françaises et anglaises, "conséquences des guerres et misères du temps".
19 juillet 1693 Nouvel incendie provoqué par des maraudeurs français.
24 août 1748 La foudre s'abat sur l'édifice et détruit le clocher qui sera reconstruit par l'abbaye d'Hasnon.
16 mai 1769 Traité des Limites à Versailles : Tout Leers appartient au roi de France, Louis XV, mais le Clergé reste sous la dépendance de l'évêque de Tournai.
18 novembre 1779 Convention de Bruxelles : Leers est coupé en deux, ainsi que la paroisse Saint-Vaast. Résultat : existence de paroissiens autrichiens et français avec un seul registre paroissial.
1782 Le curé Michel-Joseph Cosse fait deux registres paroissiaux : un à l'Est pour Leers-Nord, l'autre au Nord pour Leers France.
1791-1798 Révolution française : Un prêtre conventionnel assermenté est nommé à Saint-Vaast. Conséquence : Les deux prêtres fidèles de Saint-Vaast vont officier dans les fermes de Leers-Nord.
27 avril 1798 Suite à la Révolution française, l'église est vendue au citoyen Jouvenaux, pour 3000 Francs or, revendue par la suite à François Quique, Leersois, pour 900 Francs or.
1801 L'église, transformée en grange, est rachetée et remise en état.
1834 La tour est lézardée. Il est question de la démolir, mais elle sera "sauvée" grâce à son corset de fer extérieur, d'où le nom de "clocher relié".
1901 Le magnifique vitrail au-dessus du porche représente le Christ en croix ; un souvenir de la Grande mission. Rénové en 1999, ce vitrail comporte 2800 pièces de verre dont 20 % ont été sauvegardés, le reste provenant d'Allemagne (verre particulier).
1906 "Cambriolage de l'église" (séparation de l'Église et de l'État). Journée poignante et pleine de rebondissements pour les paroissiens défendant leur église.
1914 Cinq vitraux sont installés dans le chœur par les maîtres verriers Évaldre et Turpin, commandés par l'abbé Monteuuis, représentant la vie du Christ.
Restaurés en 1996-1997 par le maître verrier Brouard de Ronchin, ils sont protégés par des plaques d'altuglas. De droite à gauche en entrant : l'Annonciation, la Nativité, le crucifiement, Emmaiis et envoi dans le monde.
1920 Pour remplacer les deux cloches enlevées par les Allemands à la guerre 1914-1918, une nouvelle cloche est installée : Reine de la paix. Elle pèse 750 kg et a pour parrain Jean Desmet et pour marraine Gabrielle Follet. Baptisée par le vicaire général Leconte, cette cloche donne le Fa.
Elle sort des ateliers de M. Wanty de Sin-le-Noble. Souscription de tous Leersois, sauf trois exceptions. Montant total récolté : 15000 F.
1929 2ème cloche : Maria-Juliette Henriette, 530 kg. Son évocation : "J'annonce la gloire de Dieu et de Marie Immaculée. J'invite à la prière, j'annonce les fêtes religieuses. Je pleure les morts".
Elle fut bénie par Mgr Jansoone et est aussi sortie des ateliers Wanty.
L'électrification des cloches est réalisée : "Dorénavant, il n'y aura qu'un bouton à toucher et la cloche se mettra en mouvement. Le sonneur sera moins essoufflé et moins fatigué. Elle donnera l'Angélus le matin, le midi et le soir ; ce qui permettra de donner satisfaction aux habitants qui se plaignent, et avec raison, qu'on ne sonne pas assez, surtout pour les enterrements".
1934 Cinq vitraux sont offerts par les familles Dhalluin, Salembier, Derache, Courier et Bettremieux et deux autres vitraux par les paroissiens.
1960 Suite à un rapport de 1958 faisant état de sérieux problèmes du bâtiment de l'église, il est présenté au Conseil municipal le plan d'une nouvelle église avec un clocher en béton.
Le conseiller Anicet Decocq s'y oppose et après maintes discussions, l'église est réparée : "Ce jour là, l'on peut dire que Saint-Vaast veille sur son église".
1969 L'église est restaurée : début des travaux la semaine après Noël ; réouverture le 21 juin 1970.
- L'autel : La table et le pied sont désormais en grès vert antique ou de Grèce et le corps en striato des Alpes italiennes, veiné horizontalement. L'ensemble repose sur un dallage en travertin (calcaire lacustre tapissé de calcite)
- Encastrées dans les murs, les pierres tombales de l'église ont été sauvegardées.
- Mise en valeur des briques des XVème au XVIIème siècles, de la nef gauche et du porche.
- Le tabernacle est réalisé avec des éléments provenant de la chaire de vérité du XVIIIème siècle, représentant des angelots (arbre de Jessé) ;
- Installation d'une magnifique grille de fer forgé qui camoufle l'arrivée d'air du chauffage ;
- Le Christ de l'église souligne l'importance de la parole de Dieu donnée à l'ambon. Il rappelle son appartenance à la population leersoise, puisque cette croix vient du cimetière du Village
- Mis en place d'un tableau chronologique des curés de Leers.
1970 Restauration du buffet d'orgues du XVIIIème siècle. On ne sait pas s'il appartenait à l'église avant la Révolution. L'orgue est construit en 1856 par MM. Delmotte et Frèves, facteurs d'orgues à Saint-Léger en Belgique. Sa 1ère mélodie est entendue le jour de Noël 1856.
1989 L'orgue est entièrement restauré.
7 février 1971 Bénédiction de la statue de Saint-Vaast en bois polychrome du XVIIIème siècle, provenant du musée de l'évêché. Statue restaurée et classée en 1997.
26 mai 1971 Intronisation de la statue de la Vierge en bois de tilleul, copie de Notre Dame de Groëninge de Courtrai, réalisée par le sculpteur local de Wasquehal, M. Hovine.
10 octobre 1982 Inauguration d'un vitrail moderne, offert par la commune de Jüchen (Allemagne) dans le cadre du jumelage. Sous la protection de la croix, sont représentés les blasons des deux villes (Leers et Jüchen), symbolisant leur amitié.
1991 Remplacement de l'horloge.
1999 L'association leersoise les amis de Fraouton offre un Christ crucifié sur bois, réalisé par un Camerounais.
2001 Installation de deux vitraux dans le transept droit provenant de la chapelle démolie des Pères Monfortains de Tourcoing (Résurrection du Christ et Ascension du Christ).
2003 Réalisé en 1921, le retable des soldats leersois, morts durant la guerre 1914-1918, est restauré et installé sous le porche pour le mettre en valeur. En 1921, le sermon de circonstance fut donné par le chanoine Reye..., aumônier militaire du 43e de ligne de Lille.
2004 Installation de deux vitraux dans le transept gauche : la Pentecôte et le couronnement de Marie, provenant de l'église des pères Montfortains à Tourcoing.
2005 Installation de vitraux au-dessus des portes d'entrée latérales : côté droit, Jésus au jardin des oliviers et côté gauche, la Visitation de Marie chez sa cousine Elisabeth. Ces vitraux proviennent de la rue des Piats à Tourcoing.
Les vitraux
- 1
Le Christ en croixUn souvenir de la Grande mission. Rénové en 1999, ce vitrail comporte 2800 pièces de verre dont 20 % ont été sauvegardés. - 2
La visitation de MarieVitrail provenant de la rue des Piats à Tourcoing - 3
Le couronnement de Marie
Vitrail provenant de l'église des Pères Monfortains de Tourcoing - 4
La PentecôteVitrail provenant de l'église des pères Monfortains à Tourcoing - 5
Vitrail offert par les paroissiens en 1934 - 6
Vitrail offert par les paroissiens en 1934 - 7
L'AnnonciationVitrail installé dans le chœur en 1914, restauré en 1996-1997 - 8
La NativitéVitrail installé dans le chœur en 1914, restauré en 1996-1997 - 9
Le crucifiementVitrail installé dans le chœur en 1914, restauré en 1996-1997 - 10
EmmaüsVitrail installé dans le chœur en 1914, restauré en 1996-1997 - 11
Envoi dans le mondeVitrail installé dans le chœur en 1914, restauré en 1996-1997 - 12
Vitrail CourierVitrail en mémoire de Mr Jules Courier - 13
Vitrail DeracheDon de la famille Derache - 14
L'Ascension du ChristVitrail provenant de la chapelle démolie des pères Montfortains à Tourcoing - 15
Résurrection du ChristVitrail provenant de la chapelle démolie des Pères Monfortains de Tourcoing - 16
Jésus au jardin des oliviersVitrail provenant de la rue des Piats à Tourcoing - 17
Vitrail offert par la commune de Jüchen
Sous la protection de la croix, sont représentés les blasons des deux villes (Leers et Jüchen)
L'orgue de l'Eglise
De l'histoire du buffet de l'orgue de l'église Saint Vaast, nous n'avons que peu d'éléments sinon que celui-ci est de style XVIIIème, en bois de chêne clair.
Il comporte trois tourelles de cinq tuyaux. La plus petite, placée au centre est coiffée de trophées d'instruments de musique : violon, trompette et flûte. Elle est encadrée de deux plates-faces de neuf tuyaux chacune.
Les deux tourelles extérieures sont coiffées de corbeilles de fleurs.
Les lignes courbes des entablements donnent beaucoup d'élégance à l'ensemble de ce buffet dont on ne sait pas s'il appartenait à l'église avant la révolution !
L'intégralité de la partie mécanique et le matériel sonore important de cet orgue datent de 1856.
En effet, les Facteurs Constantin et Théophile Delmotte installés à Saint Léger (Belgique) signent le 8 juillet 1856 le contrat de construction de cet instrument à deux claviers de 54 touches.
Extrait du contrat signé entre les parties :
. . . les dits facteurs placeront à l'église de Leers, . . . des jeux suivants : Bourdon de 8 - Flûte de 8 - Prestant - Violoncelle de 8 - Flûte de 4 - Doublette - Trompette de 8 - Clairon - Nazard . . . . . . sera joint un récit expressif muni de ses accessoires obligés et du trémolo. Ce récit sera composé de 4 jeux de 42 notes chacun. Ces jeux seront : flûte harmonique - hautbois - clara-bella - Bourdon . . .Cet instrument coûta 3500 francs et fût inauguré le 14 février 1857.
Dix ans plus tard, en 1866, les frères Delmotte adjoindront deux jeux supplémentaires au clavier à pédales et modifieront le buffet en le prolongeant et en l'élargissant afin de pouvoir y loger ces nouveaux occupants.
Afin de satisfaire aux exigences du public et des organistes, cet instrument a subi des modifications à diverses reprises et non seulement lors de sa réinstallation dans le chœur après le démontage de la tribune de l'église en fin 1969.
En 1927 : Mise en place d'une soufflerie électrique suivie 3 ans plus tard par le remplacement des tuyaux d'étain de façade de l'orgue dérobés en août 1917 par l'occupant !
Début 1950 : " Les cent tuyaux en bois sont affaiblis sous l'action très lente mais inéluctable des vers. Ils sont rongés jusqu'à la moelle, même la charpente de l'instrument est touchée. " Il faut une restauration pour éviter une dépense catastrophique plus grande "
Novembre 1969 : le Service antiquités et objets d'art non classés inscrits à l'inventaire départemental envoie un courrier à Monsieur le Maire de Leers.
Monsieur le préfet de la région nord signe l'arrêté préfectoral ci-dessous :
" Sur la proposition de Monsieur le Conservateur . . . , les objets mobiliers ci-après désignés sont inscrits à l'inventaire du département des Antiquités et objets d'art non classés par l'état : orgues XVIIIème siècle, hauteur 5 mètres, largeur 2,85 mètres, profondeur 2 mètres.
Monsieur le Maire ainsi que l'affectataire des objets classés sont chargés de l'exécution du présent arrêté. Fait à Lille, le 3 novembre 1969, signature : le préfet "
Janvier 1970 : Lors des grands travaux de restauration de l'intérieur de l'église, l'orgue est descendu de son piédestal de la tribune pour être restauré et installé à gauche du chœur.
" Un délicieux buffet d'orgues du XVIIIème tant de fois reverni qu'il en était noir, il fut décapé par les habitants de Leers "
En 1989 : Nouvelle restauration de l'orgue : remise à nu du buffet et réparation des tuyaux.
Le clocher et son coq
Vers l'an 410, les Goths envahissent l'empire romain, ils ont coutume d'élever des coqs sur les tours des lieux qu'ils soumettent. On suppose qu'est venu ensuite l'usage d'installer un coq en forme de girouette sur les clochers des églises.
Cette tradition se perpétue évidemment dans le village de Leers.
En 1703 le coq apparaît au-dessus de la croix du clocher sur le fameux plan figuratif des terres et héritages situés à Leers et à Néchin, tenus du Fief et Seigneur de Tressin, appartenant à l'abbaye de Los et du fief du Prêt.
En avril 1883, l'architecte F. Deregnaucourt adresse à Monsieur Salembier D'Halluin, maire de la commune, un devis pour la réparation de la tour, la flèche et la toiture ; ce devis est approuvé en préfecture le 23 juillet 1884. Il est fait mention "de peinture et redorure du coq"
Pendant la seconde guerre mondiale le clocher de l'église subit d'importants dégâts comme l'indique le constat dressé par l'architecte Marcel Spender : "des dommages causés par les bombardements et explosions des routes en mai 1940 ; de nombreuses ardoises sont brisées par la chute d'éclats d'obus de la D.C.A. Le clocher a particulièrement souffert et de nombreux éclats l'ont traversé."
Monsieur le maire E. Duez, Monsieur le curé Paul Devulder doivent gérer ces événements et un nouveau coq est réalisé en cuivre de 75x55 cm par l'entreprise Robert Maquet, rue du Grand Chemin à Roubaix. Sur la queue du coq on peut lire l'inscription suivante : "JE SUI NE LE 18 .. 4 .. 1944" qui indique la date de sa réalisation.
Après les péripéties de l'année 1960 à propos des "pour ou contre" le maintien de l'église et de sa tour, le coq est finalement descendu le 25 novembre 1961 pour être rénové
Le 20 décembre 1962, le coq est fixé au sommet d'une croix de 1 m 90 et on fixe sur son dos un paratonnerre.
Le 27 février 2007, l'architecte Nathalie T'Kint, décide de le faire descendre à nouveau pour un brin de toilette. Après quelques jours passés sur la terre ferme, il a reconquis sa place au sommet de l'église le 16 mars 2007 au matin, à 50 m de hauteur.

Le clocher de l'église
avant la rénovation de 2007
Le coq et son paratonnerre

Le 25 novembre 1961, le coq est descendu

Le 20 décembre 1962, avant la pose au sommet du clocher

Le 11 mars 2007, bénédiction du coq
"La rénovation de l'église Saint Vaast"
Vestibule ou porche couvert et entièrement fermé qui précédait la basilique, dans l'architecture chrétienne primitive et dans l'architecture romane et où se tenaient les catéchumènes, car ils ne pouvaient entrer avec les chrétiens baptisés. Très nombreux jusqu'à la fin du XIIe siècle, les narthex disparurent bientôt celui de l'église Saint Vaast est bien conservé.
L'Église SAINT-VAAST de LEERS dont la rénovation vient de s'achever a été cette année le site le plus visité lors des journées du Patrimoine, les 15 et 16 septembre.
Après dix mois de travaux, une partie du bâtiment, comprenant, la tour, la flèche et l'abside a retrouvé une nouvelle jeunesse.
Au fil de l'histoire, l'Église a vue son architecture se transformer et s'enrichir, ceci grâce au travail de différents bâtisseurs, qui ont su effacer les traces d'incendies, de bombardements, mais aussi les dégâts causés par les intempéries qui au cours des siècles ont ravagés l'édifice. Il a donc fallu reconstruire et différentes marques témoignent des reconstructions successives, ce qui aide à les situer dans le temps.
La Croix de Saint André par exemple, que l'on retrouve à divers endroits de l'édifice, était le signe des bâtisseurs du 15 ème siècle, reconnaissable grâce à l'utilisation de pierres brûlées au sel, donc plus noires que les autres, elle a donc permis aux historiens de dater une partie de l'Église Saint-Vaast.
A d'autres endroits, ce sont des dates gravées dans la pierre qui permettent elles aussi de donner un âge aux différents travaux de reconstruction.
La Pierre Bleue de Soignies est un calcaire crinoïdique gris bleu et compact, du Tournaisien. Formé par l'accumulation de débris de Crinoïdes cimentés par de la calcite microcristalline, la Pierre Bleue de Soignies révèle cette texture dans ses usages marbriers (fond noir moucheté de blanc, dont le caractère décoratif est localement renforcé par la présence de Coraux,coquilles,...) et dans les tailles rustiques (minuscules facettes brillantes sur fond noir brut). La pierre sciée ou taillée présente des nuances de teinte liées à la dimension des débris de Crinoïdes et à l'abondance du liant. Ces nuances que l'on constate banc par banc au sein de chaque carrière et surtout entre les quatre bassins d'extraction, s'atténuent avec la patine.
Les pierres plus claires sont généralement réservées à la taille et les pierres plus foncées à la marbrerie.
C'est ce type de détails passionnants que le public a pu découvrir au cours de trois visites guidées, assurées par des membres de LEERS HISTORIQUE : Jean Marie Duvillier, Marcel Florin et Guy Haquette.
Les nombreux visiteurs (plus de 170) ont pu ainsi revivre et comprendre l'histoire de cette Église, autant par la visite intérieure qu'extérieure.
Pour mieux faire comprendre au public l'importance des travaux de restauration qui ont duré 10 mois, les membres de Leers Historique ont préparé une exposition de plus de 100 photos avant les travaux : les fissures, la vétusté, la flèche, le coq, qui eux aussi avaient beaucoup souffert, ainsi que des photos témoignant de l'évolution des travaux.
Les visiteurs ont pu également admirer une maquette de l'église à l'échelle 2/100 ème, qui était exposée sous le porche et qui est l'oeuvre de Robert Deblieck
L'église Saint Vaast